Le baromètre Forvis Mazars - Financement Participatif France publié au titre du premier trimestre 2026 traduit une recomposition profonde du marché tricolore. La collecte globale du financement participatif atteint 380 millions d'euros sur le trimestre, portée par un rebond technique du crowdfunding immobilier de +14% sur un an.
Mais derrière ce rebond, le segment immobilier perd son hégémonie historique. Sa part de marché s'effondre de 56,5% en 2024 à 45% au T1 2026, soit un recul de 11,4 points. Les énergies renouvelables deviennent désormais le moteur principal du financement participatif français, captant l'essentiel des flux entrants.
Des indicateurs de risque toujours élevés
La reprise de la collecte ne masque pas la dégradation structurelle des indicateurs sectoriels. Selon le baromètre, 25 à 30% des projets accumulent des retards supérieurs à six mois, 20 à 25% sont en procédure collective et 4 à 6% constituent des pertes définitives en capital. Le taux de défaut sectoriel s'établit à 31,4% en mars 2026, stable à un niveau historiquement haut.
Avec un rendement brut affiché de 9 à 11%, le rendement net effectif tombe entre 5,5% et 8,2% une fois les pertes définitives intégrées. Une réalité que les investisseurs doivent désormais arbitrer face à la montée en puissance des EnR et de la tokenisation immobilière.