François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre influent du Conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré qu'il était prématuré de fournir un calendrier pour une éventuelle hausse des taux directeurs, malgré les pressions inflationnistes croissantes liées à la flambée des prix de l'énergie.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions extrêmes sur les marchés pétroliers. Le WTI a touché 115,37 dollars le baril en séance vendredi, son plus haut annuel, avant de refluer vers 110 dollars. Le Brent évolue autour de 108,56 dollars. Cette envolée, alimentée par la crise entre Washington et Téhéran dans le détroit d'Ormuz, ravive le spectre d'un choc inflationniste comparable à celui de 2022.
Une BCE prise en étau
La position de Villeroy de Galhau reflète le dilemme central de la politique monétaire européenne. D'un côté, l'inflation importée via les prix de l'énergie milite pour un resserrement. De l'autre, l'économie européenne reste fragile, avec un CAC 40 en recul de 0,24% et un DAX qui cède 0,56%.
Son collègue au Conseil des gouverneurs, Yannis Stournaras, a précisé que la réponse monétaire de la BCE "dépendrait de l'ampleur des perturbations énergétiques", confirmant une approche attentiste conditionnée aux développements géopolitiques.
Quelles perspectives pour les investisseurs ?
Avec des taux directeurs maintenus à 3,5-3,75% depuis la dernière décision de la Fed, et un or refuge à 4 718 dollars l'once, les marchés anticipent une période prolongée d'incertitude monétaire. Les valeurs bancaires européennes, qui ont pourtant bondi vendredi (Société Générale +6,8%, BNP Paribas +5,4%), pourraient voir leur rallye freiné si la BCE opte pour le statu quo prolongé.