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Bruxelles vise 35 milliards d'euros de taxe crypto pour le budget 2028-2034 : la Commission européenne dévoile son arsenal fiscal sur les actifs numériques

La Commission européenne projette de générer 35 milliards d'euros de recettes fiscales sur les cryptomonnaies entre 2028 et 2034, via une taxe de 0,1% sur les transactions et un prélèvement sur les plus-values. Une proposition qui devra obtenir l'unanimité des Vingt-sept.

La Commission européenne a transmis le 28 mai un document de travail au Parlement et aux États membres évaluant le rendement potentiel de trois nouvelles ressources propres destinées à alimenter le cadre financier pluriannuel 2028-2034. La taxation des cryptomonnaies figure en tête de liste, avec un produit estimé à 35 milliards d'euros sur la période, devant le numérique (20 Mds€) et les jeux d'argent en ligne (13 Mds€).

Deux leviers fiscaux à l'étude

Bruxelles envisage un dispositif articulé autour de deux instruments complémentaires. Une taxe de 0,1% sur la valeur des transactions en actifs numériques générerait 3 à 4 milliards d'euros par an, tandis qu'un prélèvement séparé sur les plus-values cryptographiques apporterait entre 1 et 2,4 milliards d'euros annuels. Le calibrage final dépendra des arbitrages politiques.

Un parcours législatif incertain

L'adoption de ces nouvelles ressources requiert l'unanimité des Vingt-sept au Conseil, un seuil historiquement difficile à atteindre sur les sujets fiscaux. Plusieurs États dotés d'écosystèmes crypto actifs, comme la France, l'Allemagne ou l'Irlande, pourraient s'opposer à un dispositif jugé pénalisant pour leur attractivité.

Pour les investisseurs européens, le projet ajoute une couche fiscale supplémentaire au cadre MiCA déjà en vigueur et à la directive DAC8 qui impose la transparence fiscale dès 2026. Le risque de distorsion concurrentielle avec la Suisse, le Royaume-Uni ou Dubaï est régulièrement pointé par les acteurs du secteur, qui redoutent une accélération des relocalisations hors UE.