Le compte à rebours est lancé pour la plus grande opération télécom française de la décennie. Patrick Drahi a fixé un ultimatum de 48 heures aux trois opérateurs en lice pour le rachat de SFR et des activités françaises d'Altice France. Bouygues Telecom, Iliad (maison-mère de Free) et Orange disposent jusqu'à dimanche 7 juin pour finaliser leur offre conjointe.
Le dossier traîne depuis plus d'un an et avait déjà fait l'objet d'une prolongation jusqu'au 5 juin. Cette nouvelle échéance, plus contraignante, témoigne de la volonté du milliardaire franco-israélien d'accélérer la cession pour alléger les 23 milliards d'euros de dette qui plombent Altice France.
Un démantèlement programmé
Le scénario privilégié reste un découpage tripartite des actifs SFR entre les trois opérateurs concurrents, sous l'arbitrage attentif de l'Autorité de la concurrence et de l'Arcep. Les fréquences mobiles, le réseau fibre et la base d'abonnés feraient l'objet d'une répartition équilibrée pour éviter toute position dominante.
Impact sur les marchés
Une issue positive dimanche serait fortement relutive pour Bouygues (BOUY) et Orange (ORAN), qui consolideraient leurs parts de marché. L'opération réduirait le marché français de quatre à trois opérateurs, redonnant du pouvoir de fixation des prix au secteur. À l'inverse, un échec replongerait Altice dans l'incertitude financière et déclencherait probablement une nouvelle vague de spéculation baissière sur ses obligations.