Le crowdfunding immobilier français entre dans sa deuxième année de consolidation post-Koregraf. Selon Weelim, 2025 a été l'année du rebond mesuré avec une collecte stabilisée à -1,9%, après deux exercices de repli marqué. Le rendement brut moyen affiché sur les portefeuilles publics suivis ressort à 10,45% en mai 2026, dans la fourchette historique de 9 à 12% bruts.
Mais cette résilience apparente masque une dégradation continue des indicateurs de risque sur les millésimes 2021-2023. La note de référence Pierre Papier de mars 2026 le confirme : collecte stabilisée, risques en hausse. Le taux de défaut sectoriel atteint 31,4% sur les projets en cours, 25 à 30% des dossiers accusent plus de six mois de retard et 20 à 25% sont en procédure collective.
Les alternatives gagnent du terrain
Face à ce couple rendement-risque dégradé, les conseillers en gestion de patrimoine arbitrent désormais vers d'autres véhicules immobiliers pour les profils prudents :
- SCPI à capital variable : diversification automatique avec un ticket d'entrée d'environ 200 euros
- OPCI grand public : liquidité supérieure et exposition immobilière indirecte
- Dette privée immobilière institutionnelle via FCPR ou plateformes spécialisées
La diversification est devenue l'arbitrage central des CGP. Le consensus patrimonial (Hagnéré, Tantiem, Finance Héros) impose 20 projets minimum sur 3 plateformes différentes et un plafond de 5 à 10% du patrimoine financier. Les séquelles des millésimes 2021-2023 continueront d'alimenter les défauts jusqu'en 2027-2028.