Le crowdfunding immobilier français entre dans une ère de sélection impitoyable. Après les faillites de Koregraf et le redressement judiciaire de WiSEED repris par Advenis, les plateformes encore actives ont radicalement durci leurs critères d'acceptation des projets pour rassurer des investisseurs échaudés.
Des garanties renforcées comme jamais
La principale évolution concerne l'exigence croissante d'hypothèques de premier rang et d'apports en fonds propres significatifs de la part des promoteurs. Là où certaines plateformes acceptaient des projets sur la seule base de la promesse de rendement, les acteurs sérieux imposent désormais des garanties réelles adossées aux biens financés.
Les conditions d'investissement se diversifient également : des tickets d'entrée allant de 1 euro chez La Première Brique à 1 000 euros sur d'autres plateformes, avec des durées de prêt de 12 à 36 mois.
Un assainissement en cours
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon l'étude de l'AMF d'octobre 2024, le taux de retard moyen est passé de 20,1% à 36,9% des montants financés. Au premier semestre 2025, 20 à 25% du nominal affiche plus de 6 mois de retard. Pourtant, les millésimes 2024-2025 montrent une nette amélioration avec un coût du risque estimé entre 2% et 3%, contre 7% à 8% pour les années 2021-2022.
Perspectives pour les investisseurs
Les rendements nets projetés pour 2026 s'établissent entre 7% et 9,5%, un niveau qui reste attractif comparé au Livret A. L'enjeu principal demeure la résolution des dossiers en retard hérités des années précédentes et la consolidation de la confiance autour des plateformes les mieux gérées comme Anaxago (9,70%), La Première Brique (9,41%) et Homunity (8,96%).