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Crowdfunding

Crowdfunding immobilier : l'AMF alerte sur des retards qui touchent 37% des montants financés, un record historique

Le taux de retard des projets de crowdfunding immobilier en France a bondi de 20,1% à 36,9% des montants financés selon l'AMF. Près d'un tiers des projets affichent plus de six mois de retard, signe d'une crise structurelle du secteur.

Le crowdfunding immobilier français fait face à une vague de retards sans précédent. Selon les dernières données de l'Autorité des marchés financiers (AMF), le taux de retard des projets est passé de 20,1% à 36,9% des montants financés, un niveau jamais atteint depuis la création du secteur.

Concrètement, près d'un tiers des opérations affichent désormais un retard supérieur à six mois. Les délais de collecte se sont également allongés de manière significative, passant de 6 à 20 jours en moyenne, reflet d'une prudence accrue des investisseurs face à la multiplication des incidents.

Un secteur sous pression

Ces chiffres interviennent dans un contexte déjà fragilisé par les défaillances de Koregraf et WiSEED en 2025. La collecte immobilière spécifique a reculé de 1,9% à 845 millions d'euros, et le nombre de projets financés a chuté à 1 004 opérations. Les marchands de biens, qui représentent 70% des projets, sont particulièrement touchés par la hausse des taux et le ralentissement du marché immobilier.

Des rendements en trompe-l'œil

Paradoxalement, le rendement brut moyen affiché atteint 11% en 2025, en hausse par rapport aux 10,6% de 2024. Mais ce chiffre masque une réalité préoccupante : la part croissante d'émetteurs en procédures collectives signifie que de nombreux investisseurs pourraient ne jamais récupérer leur capital, rendant le rendement théorique largement illusoire.

L'AMF recommande aux investisseurs de diversifier leurs placements et d'intégrer systématiquement le risque de plateforme dans leur analyse, au-delà du seul risque projet.