Le dernier baromètre du crowdfunding publié par Forvis Mazars et France FinTech dresse un portrait contrasté du secteur immobilier. Au premier semestre 2025, la collecte en crowdfunding immobilier s'élève à 388,2 millions d'euros sur 468 projets, soit une baisse de 15% par rapport au S1 2024 (459 M€, 536 projets). Cette contraction prolonge le recul de 25,8% déjà enregistré en 2024.
Le paradoxe du rendement
Malgré ces chiffres en berne, les rendements des dossiers remboursés atteignent environ 11% au S1 2025, contre 10,6% en 2024 et 10,3% en 2023. Un paradoxe que les analystes résument par une formule : "Moins il collecte, plus il rapporte." La sélectivité accrue des plateformes, désormais "de plus en plus exigeantes sur les risques, la santé des promoteurs et le ratio d'endettement", améliore mécaniquement la qualité des opérations financées.
Des retards qui restent préoccupants
L'ombre au tableau demeure les retards de remboursement. Selon l'AMF, la proportion de dossiers en retard est passée de 20,1% à 36,9%. Entre 20 et 25% du nominal financé présente plus de 6 mois de retard, et le taux de défaut global a grimpé de 14,44% à 18,64% en 2025. Les pertes définitives restent toutefois contenues entre 4 et 6% sur les projets lancés entre 2020 et 2022.
Pour les investisseurs, le message est clair : la diversification et la sélection rigoureuse des plateformes sont plus que jamais essentielles. Les experts recommandent de limiter le crowdfunding immobilier à 10-20% du capital investi et de privilégier les plateformes affichant des taux de défaut maîtrisés.