Le bilan 2025 du crowdfunding immobilier français met en lumière un décalage préoccupant entre les rendements affichés et la réalité. Si les plateformes communiquent sur un rendement brut moyen de 10,9% pour les projets remboursés, le rendement réel — intégrant les retards et les défauts — ne s'élève qu'à 7,45%, soit une baisse de 3,5% par rapport à 2024.
Des chiffres qui appellent à la vigilance
La collecte annuelle s'établit à 777 millions d'euros, en recul de 8,2% par rapport à 2024. Le taux de défaut global se stabilise toutefois à 19,07% en janvier 2026, en léger repli par rapport aux 19,13% de décembre 2025. Un signal encourageant après la forte dégradation observée entre 2023 et 2025.
Les retards de remboursement restent le point noir du secteur : 20 à 25% des projets affichent plus de six mois de retard, tandis que 10 à 15% sont en procédures collectives. L'étude de l'AMF d'octobre 2024 chiffrait le taux de retard moyen à 36,9% des montants investis.
Plateformes : des trajectoires radicalement opposées
Le marché se polarise entre gagnants et perdants. La Première Brique affiche une collecte de 131,5 millions d'euros (+37,45%) avec zéro euro de pertes depuis 2019. À l'opposé, ClubFunding dépasse les 30% de taux de défaut début 2026, avec 313 projets en retard de plus de six mois. Les pertes définitives de capital se situent entre 4 et 6% selon les segments, un paramètre que les investisseurs doivent impérativement intégrer dans leurs calculs de rentabilité.