Le crowdfunding immobilier français aborde 2026 avec prudence après une année 2025 particulièrement éprouvante. Les retards de remboursement ont atteint des niveaux records, avec 25 à 30% des encours concernés et près de 10% des projets en défaut, selon les dernières analyses du secteur.
Une collecte en net recul
La collecte du premier semestre 2025 s'est établie à 388 millions d'euros, en baisse de 15% par rapport à la même période en 2024. Sur l'ensemble de l'année 2024, le secteur avait déjà enregistré un repli de 24% avec 865 millions d'euros collectés, après les 1,17 milliard de 2023.
Les défaillances qui ont marqué le secteur
Deux événements ont profondément ébranlé la confiance des investisseurs :
- Koregraf : cessation d'activité en avril 2025 avec une gestion extinctive des dossiers en cours
- WiSEED : redressement judiciaire validé en décembre 2025, avec reprise par le groupe Advenis
Des rendements paradoxaux
Malgré ces difficultés, les projets effectivement remboursés affichent des rendements moyens supérieurs à 10%, approchant même 11% au premier semestre 2025. Toutefois, ces statistiques masquent la réalité des investisseurs confrontés aux retards prolongés.
Perspectives 2026
Les analystes anticipent une légère amélioration avec des taux de défaut entre 4% et 7% et des rendements nets de 7% à 9,5% après prise en compte du risque. Les projets financés après 2023 devraient bénéficier d'un contexte moins défavorable que ceux impactés par les crises de 2021-2022.
Face à ces défis, les investisseurs se tournent de plus en plus vers des alternatives : SCPI, dette privée, ou encore la tokenisation immobilière qui gagne en maturité comme véhicule d'investissement fractionné.