Le baromètre Pierre Papier de mars 2026 dresse un constat à deux vitesses pour le crowdfunding immobilier français. Sous le titre « Crowdfunding immobilier : collecte stabilisée, risques en hausse », la publication spécialisée acte un rebond mesuré de la collecte 2025, après deux exercices consécutifs de recul (2023 et 2024). Mais en parallèle, le risque de défaut et de retard continue de progresser, prolongeant la dynamique enclenchée fin 2023, lorsque plus de 25 % des dossiers dépassaient déjà six mois de retard.
Ce grand écart entre redressement commercial et dégradation des fondamentaux structure désormais la lecture du secteur. La faillite de la plateforme pionnière Koregraf en 2025 reste utilisée comme cas d'école par les analystes et a forcé les souscripteurs à intégrer le risque opérateur dans leur due diligence. Le rendement historique reste attractif : environ 10 % en 2023, record selon Weelim, contre 9,3 % en 2020.
Une bifurcation des stratégies
Face à cette équation, les plateformes survivantes diversifient leurs modèles. Baltis a inauguré en octobre 2025 son premier projet international à Alicante (16 villas en Espagne) et ouvre désormais l'accès au capital-investissement sportif. À l'inverse, Wecity maintient un modèle crowdfunding-crowdlending classique, sans blockchain, refusant la bascule vers la tokenisation. La prime de risque devient l'arbitrage central pour les souscripteurs.