Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé samedi 28 février la fermeture du détroit d'Ormuz au trafic commercial, en représailles aux frappes américano-israéliennes de l'opération "Epic Fury". Les navires en transit ont reçu des transmissions iraniennes leur interdisant le passage, selon la télévision israélienne Keshet 12.
Le détroit d'Ormuz constitue la première voie de transport de pétrole au monde : 17 millions de barils de brut et de condensats y transitent chaque jour, soit environ 20% de l'approvisionnement mondial. Le Koweït, l'Irak et le Qatar dépendent entièrement de ce passage pour leurs exportations. L'Arabie saoudite et les Émirats pourraient détourner une partie de leur production vers la mer Rouge et le golfe d'Oman, mais les capacités alternatives restent limitées.
Un choc pétrolier en vue
Le Brent avait clôturé vendredi à 73,09 dollars le baril, déjà en hausse de 18% depuis le début de l'année. Les économistes consultés par Bloomberg anticipent un dépassement rapide du seuil symbolique des 100 dollars le baril si la fermeture se prolonge. Dans le scénario le plus extrême, le brut pourrait atteindre 140 dollars avec un arrêt complet des 11 millions de barils quotidiens d'exportations non-iraniennes du Golfe.
Les assureurs maritimes ont d'ores et déjà annoncé la résiliation de leurs polices pour les navires transitant par le détroit. Les importateurs asiatiques — Inde, Corée du Sud et Japon en tête — sont particulièrement exposés.
Volatilité extrême attendue lundi
À l'ouverture des marchés lundi 2 mars, les analystes anticipent une hausse de 5 à 10% du pétrole, une baisse de 1 à 2% des indices actions mondiaux et un repli de 5 à 10 points de base des rendements obligataires. L'or, déjà à 5 264 dollars l'once, devrait poursuivre sa progression en tant que valeur refuge.