Les marchés européens doivent composer avec un nouveau régime tarifaire américain. Après l'annulation par la Cour suprême des droits de douane "réciproques" jugés illégaux le 20 février, Donald Trump a immédiatement riposté en imposant un tarif mondial uniforme de 15% via la Section 122 du Trade Act de 1974. Une mesure qui, juridiquement, ne peut excéder 150 jours sans l'aval du Congrès.
Le luxe français en première ligne
La menace récurrente de surtaxes à 200% sur les vins et champagnes français continue de peser sur le secteur. LVMH, propriétaire de Dom Pérignon, Moët & Chandon et Veuve Clicquot, a reculé de 1,36% vendredi. Même si la division vins et spiritueux ne représente que 6,5% du chiffre d'affaires du groupe, l'incertitude tarifaire affecte l'ensemble du secteur du luxe.
Pernod Ricard est encore plus exposé : le groupe a vu ses ventes américaines chuter de 15% au premier semestre, et chiffre à 80 millions d'euros l'impact annuel brut des droits de douane. Son bénéfice net a reculé de 18%.
Une incertitude qui paralyse les marchés
Le véritable problème pour les investisseurs réside dans le caractère temporaire et imprévisible de ces mesures. Les droits de 15% pourraient être modifiés à tout moment, rendant impossible toute planification pour les entreprises exportatrices. Les États-Unis restent le premier marché d'exportation des vins et spiritueux français avec 3,8 milliards d'euros d'expéditions annuelles et plus de 27 millions de bouteilles de champagne par an.
Dans ce contexte, les valeurs de la défense européennes continuent de surperformer, tandis que le luxe et les spiritueux restent sous pression tant que la guerre commerciale transatlantique n'est pas résolue.