L'opérateur français Eutelsat et son concurrent luxembourgeois SES ont enregistré ce lundi 15 juin les plus fortes baisses du secteur à Paris, dévissant respectivement de -6,95% et -5,09%. Les deux poids lourds européens du satellite continuent de payer cash le contre-coup de l'IPO historique de SpaceX, cotée vendredi à Wall Street.
La filiale spatiale d'Elon Musk a clôturé sa première séance en hausse de +19% à 160,95 dollars, portant sa valorisation au-delà de 2 000 milliards de dollars. Une introduction qui redonne à Starlink, le bras connectivité de SpaceX, des munitions financières considérables pour accélérer le déploiement de sa constellation en orbite basse et grignoter les parts de marché des opérateurs historiques.
Une recomposition de la chaîne de valeur
Les investisseurs sanctionnent un changement de paradigme : la concurrence des méga-constellations capte désormais une part croissante du marché des télécoms par satellite. Eutelsat, qui a pourtant misé sur OneWeb pour répliquer, voit son cours sous pression après une séquence en dents de scie marquée par un rallye de +75% en un mois en mai, suivi de plusieurs corrections successives.
SES, désormais adossée à Intelsat, subit le même mouvement de défiance. La séance pénalise un secteur déjà fragilisé par la consolidation télécom et la concurrence frontale d'Amazon Kuiper. Les analystes redoutent que la guerre des prix amorcée par Starlink ne grève durablement les marges des opérateurs européens.
Perspectives
Au-delà des effets de court terme, la cotation publique de SpaceX agit comme un révélateur du rapport de force capitalistique. Les acteurs européens devront accélérer alliances et investissements pour rester crédibles face à un concurrent dont la capitalisation pèse désormais l'équivalent du CAC 40 dans son intégralité.