La Banque Centrale Européenne est entrée dans une nouvelle phase concrète de son projet d'euro numérique. Depuis le 3 juin 2026, neuf établissements bancaires italiens expérimentent l'architecture Eur.Bank, première brique technique du futur euro numérique. Les retours de l'ensemble des prestataires de services de paiement sont attendus avant la fin du mois de juin.
Les tests portent sur les capacités d'intégration des banques aux futurs systèmes de la BCE et des banques centrales nationales : flux de transactions, interfaces techniques, infrastructure de règlement. Le déploiement grand public reste à distance puisque le pilote complet est programmé pour le second semestre 2027, avec des scénarios couvrant les paiements de pair à pair, en magasin, en ligne et hors-ligne pour reproduire les usages du cash.
Un soutien bancaire conditionné aux coûts
L'Association bancaire italienne (ABI) a affiché un soutien clair au projet, considéré comme une affirmation de souveraineté numérique. Marco Elio Rottigni, directeur général de l'ABI, demande toutefois un étalement des coûts d'implémentation, qualifiés de « très substantiels » pour le secteur. L'ABI plaide pour une approche duale combinant l'euro numérique de la BCE et des stablecoins privés bancaires, afin de ne pas laisser le terrain aux infrastructures dollar.
Cette accélération italienne s'inscrit dans la riposte européenne à la domination des stablecoins en dollars et à la dépendance des paiements aux acteurs non européens. L'enjeu : déterminer qui contrôlera demain les rails de paiement européens.