La Réserve fédérale américaine a maintenu son taux directeur dans la fourchette 3,50%-3,75%, conformément aux attentes, lors de sa dernière réunion. Face à la flambée du pétrole provoquée par le conflit en Iran, Jerome Powell a adopté une posture d'attentisme prudent qui divise les marchés.
Un choc pétrolier jugé temporaire
Le président de la Fed a estimé que le pic des prix de l'énergie — le Brent dépasse désormais 110 dollars le baril — aura un effet "transitoire" sur l'inflation. Powell a exclu toute hausse de taux en réponse au choc pétrolier, arguant que les effets de la politique monétaire mettent du temps à se matérialiser et que la crise pourrait se résorber avant qu'un resserrement ne produise ses effets.
Le marché ne croit plus aux baisses
Si la Fed projette encore une baisse de taux en 2026 et une autre en 2027, les marchés financiers ont radicalement changé d'avis. Les contrats à terme ne pricent désormais aucune réduction cette année, un revirement total par rapport aux attentes de début 2026.
Les projections d'inflation ont été révisées à la hausse pour 2026, alimentées par la perturbation partielle du détroit d'Ormuz qui concentre 20% du transit pétrolier mondial. Le VIX, indice de la peur, a dépassé 31 points, un seuil inédit depuis le krach Covid de mars 2020.
Perspectives
Pour les investisseurs, l'équation reste complexe : une Fed immobile face à un double risque de ralentissement économique et de résurgence inflationniste. La prochaine réunion du FOMC sera scrutée de près, alors que les espoirs d'une résolution du conflit iranien portent encore Wall Street, qui vient de mettre fin à cinq semaines consécutives de baisse.