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Crowdfunding

Logement neuf : le rebond de 2026 reste insuffisant pour rassurer les investisseurs en crowdfunding

Avec 296 000 mises en chantier prévues en 2026, le secteur du bâtiment amorce un redressement technique de +9,5%. Mais ce chiffre reste 18% en dessous de la norme historique, et le logement collectif — cœur de cible du crowdfunding immobilier — continue de reculer.

Le secteur du bâtiment français montre enfin des signes de stabilisation après trois années consécutives de recul. Selon la Fédération Française du Bâtiment (FFB), environ 296 000 logements devraient être mis en chantier en 2026, soit une hausse de +9,5% par rapport aux 283 000 unités de 2025. Un rebond technique bienvenu, mais qui masque une réalité plus contrastée.

Un marché à deux vitesses

La reprise est portée presque exclusivement par le logement individuel, en hausse de +15% grâce au retour du Prêt à Taux Zéro (PTZ) depuis avril 2025. En revanche, le logement collectif — segment privilégié des promoteurs financés par le crowdfunding immobilier — poursuit son recul avec -2%, pénalisé par la fin du dispositif Pinel et l'arrêt des plans de rachat d'Action Logement.

Ce décalage est préoccupant pour les investisseurs en crowdfunding : les permis de construire collectifs ont encore chuté de -7,2% en 2025, tandis que les permis individuels progressaient de +14%.

Un niveau de construction encore critique

Malgré le rebond prévu, les 296 000 mises en chantier attendues restent très en deçà du niveau de référence de 360 000 logements par an. Le secteur a perdu 65 000 emplois en trois ans de crise, un chiffre qui double en comptant l'ensemble de la filière construction. La FFB conditionne une reprise durable à l'adoption rapide du statut du bailleur privé, successeur attendu du Pinel.

Ce que cela signifie pour le crowdfunding immobilier

Pour les investisseurs en crowdfunding, ces données appellent à la vigilance. La baisse continue du collectif explique en partie les retards de remboursement observés sur de nombreuses plateformes — l'AMF relevait un taux de retard moyen passé de 20,1% à 36,9% fin 2024. Tant que le logement collectif n'aura pas retrouvé un rythme soutenu, la prudence reste de mise dans la sélection des projets.