Nvidia a finalisé dans la nuit du 15 au 16 juin une émission obligataire de 25 milliards de dollars, sa première opération sur le marché de la dette d'entreprise depuis juin 2021. Le leader mondial des puces d'intelligence artificielle n'avait alors levé que 5 milliards de dollars : le multiple est cinq fois supérieur cinq ans plus tard.
L'opération a été annoncée avec peu de communication préalable, surprenant le marché. La demande provient essentiellement d'investisseurs américains, séduits par la signature investment grade du groupe de Jensen Huang. Nvidia destine le produit de l'émission à des besoins généraux d'entreprise, notamment le remboursement et le refinancement de titres en circulation.
Une dette adossée au boom de l'IA
Cette levée massive intervient alors que les géants technologiques s'apprêtent à franchir un palier inédit en matière d'investissements IA. Les dépenses combinées des Big Tech devraient dépasser 700 milliards de dollars en 2026, contre environ 400 milliards en 2025, soit une accélération de près de 75% en un an.
Pour Nvidia, le retour sur le marché obligataire envoie un signal clair aux investisseurs : le cycle d'investissement IA reste pleinement engagé. La société, dont la capitalisation surfe sur ses sommets historiques, choisit la dette plutôt que de puiser dans sa trésorerie pour préserver sa flexibilité financière à l'heure où la course aux infrastructures de calcul s'intensifie chez Microsoft, Meta, Amazon et Google.