Standard Chartered a publié le 15 juin 2026 une projection majeure pour l'écosystème DeFi. Le département digital assets de la banque britannique, piloté par Geoffrey Kendrick, estime que la valeur totale verrouillée dans la finance décentralisée pourrait atteindre 2 700 milliards de dollars d'ici fin 2030, contre seulement 73 milliards aujourd'hui selon DeFiLlama. Une multiplication par 37 en quatre ans et demi.
Le moteur de cette explosion : la tokenisation des actifs du monde réel (RWA). Standard Chartered table sur une bascule structurelle de la part des actifs tokenisés actifs en DeFi, qui passerait de 3,5 % aujourd'hui à près de 30 % d'ici 2030. La banque s'appuie sur le rythme observé chez Binance Research, qui chiffre déjà la croissance du segment RWA à +600 % en dix-huit mois, dont +422 % rien que sur les actions tokenisées.
Les freins à lever
Geoffrey Kendrick identifie trois écueils majeurs :
- La fragmentation de la liquidité entre blockchains concurrentes
- La difficulté à amorcer une liquidité réelle sur les actifs nouvellement tokenisés
- Le flou réglementaire persistant hors juridictions MiCA
Une thèse cohérente avec la stratégie maison
Cette projection s'inscrit dans le sillage des autres prises de position récentes de Standard Chartered, qui visait début juin un Ethereum à 40 000 dollars d'ici 2030 et qui actait le 14 juin la fin du bear cycle Bitcoin à 59 000 dollars. La banque construit méthodiquement un narratif où l'infrastructure DeFi devient la couche de règlement des marchés tokenisés institutionnels.