Secteur défense en bourse : comment investir dans Thales, Dassault et les valeurs militaires

Secteur défense en bourse : comment investir dans Thales, Dassault et les valeurs militaires En février 2026, pendant que de nombreux secteurs restaient en retrait, les valeurs de la défense s'envolaient sur les marchés européens. Thales gagnait plus de 4 % en une seule séance, Dassault Aviation atteignait un nouveau record historique à 354 euros, et BAE Systems affichait un carnet de commandes sans précédent. Le secteur de la défense est devenu l'un des thèmes d'investissement les plus porteur
Secteur défense en bourse : comment investir dans Thales, Dassault et les valeurs militaires
En février 2026, pendant que de nombreux secteurs restaient en retrait, les valeurs de la défense s'envolaient sur les marchés européens. Thales gagnait plus de 4 % en une seule séance, Dassault Aviation atteignait un nouveau record historique à 354 euros, et BAE Systems affichait un carnet de commandes sans précédent. Le secteur de la défense est devenu l'un des thèmes d'investissement les plus porteurs du moment.
Faut-il s'y intéresser ? Et si oui, comment y investir intelligemment ? Voici un guide complet sur les valeurs de défense cotées en bourse.
Pourquoi le secteur défense s'emballe en 2026
La dynamique des valeurs militaires n'est pas le fruit du hasard. Elle s'explique par une conjonction de facteurs structurels et géopolitiques qui ont profondément transformé les budgets de défense en Europe.
La recomposition des budgets militaires européens
Depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les pays membres de l'OTAN ont engagé un effort de réarmement massif. L'objectif de 2 % du PIB consacré à la défense, longtemps considéré comme un horizon lointain, est désormais un plancher. Plusieurs pays — Pologne, Allemagne, Suède, France — ont dépassé ou s'apprêtent à dépasser ce seuil.
En France, la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 prévoit 413 milliards d'euros de dépenses sur sept ans, soit une augmentation de 40 % par rapport à la période précédente. En Allemagne, un fonds spécial de 100 milliards d'euros a été créé pour moderniser la Bundeswehr.
Cette réalité budgétaire se traduit directement par des commandes fermes pour les industriels de défense : avions de chasse, systèmes de missiles, radars, cyber-défense, véhicules blindés.
L'incertitude géopolitique comme moteur durable
Les tensions géopolitiques persistantes — en Europe de l'Est, au Moyen-Orient et en mer de Chine méridionale — entretiennent une demande structurelle. Les gouvernements ne coupent pas leurs budgets de défense en période d'instabilité. C'est l'une des rares industries dont les perspectives de revenus sont peu corrélées au cycle économique classique.
Pour un investisseur, cette visibilité sur les carnets de commandes — souvent pluriannuels — est un avantage significatif par rapport à d'autres secteurs plus volatils.
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Les principales valeurs de défense en bourse
Thales (TTE) — Le champion français des technologies de défense
Cours approximatif : 255-260 € (février 2026) Capitalisation boursière : environ 20 milliards €
Thales est le premier groupe français de défense et de sécurité. Son activité couvre un spectre très large : systèmes de missiles, radars, communications sécurisées, cyber-défense, avionique, systèmes de surveillance. La particularité de Thales est d'être présent à la fois dans la défense militaire et dans les marchés civils (transports, espace, sécurité numérique), ce qui lui confère une bonne diversification.
Le groupe a affiché des performances records en 2025, avec un chiffre d'affaires en hausse et un carnet de commandes au plus haut historique. En février 2026, l'action signait +4,26 % en une seule séance, devenant la meilleure performance du CAC 40.
Points forts :
- Carnet de commandes supérieur à 44 milliards €
- Présence dans 68 pays
- R&D intensive (5 % du CA investi en recherche)
- Dividende régulier et en progression
Points de vigilance :
- Valorisation élevée après la hausse récente
- Sensibilité aux décisions budgétaires des gouvernements
- Risques liés aux exportations (licences, contexte diplomatique)
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Dassault Aviation (AM) — L'avionneur du Rafale
Cours approximatif : 345-355 € (février 2026) Capitalisation boursière : environ 13 milliards €
Dassault Aviation est le constructeur du Rafale, l'avion de chasse qui a connu un succès commercial exceptionnel ces dernières années. L'entreprise a enregistré de nombreuses commandes à l'export — Grèce, Égypte, Inde, Émirats arabes unis, Indonésie — et les perspectives restent favorables avec plusieurs appels d'offres en cours.
Le titre a touché un nouveau record historique à 354 euros début 2026. Malgré une valorisation plus difficile à appréhender (l'entreprise est familiale, avec une participation de 51 % détenue par la famille Dassault), les fondamentaux sont solides.
Points forts :
- Carnet de commandes en Rafale sécurisé pour plusieurs années
- Structure financière très solide (trésorerie nette positive)
- Positionnement unique sur l'avion de chasse de 5e génération
- Contrats d'exportation diversifiés géographiquement
Points de vigilance :
- Actionnariat familial majoritaire (flottant limité)
- Production soumise aux aléas industriels
- Dépendance partielle aux contrats publics français
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Safran (SAF) — Le motoriste aérospatial
Cours approximatif : 220-240 € (début 2026) Capitalisation boursière : environ 55 milliards €
Safran est à la croisée de la défense et du civil. Le groupe fournit des moteurs pour avions militaires (en coentreprise avec GE sur le CFM56), des systèmes de navigation, des trains d'atterrissage, et des équipements de sécurité. Si sa partie civile est plus exposée aux cycles de l'aviation commerciale, sa division défense bénéficie du même vent porteur que Thales et Dassault.
Avec une capitalisation de plus de 50 milliards d'euros, Safran est la plus grande valeur de défense française et l'une des premières en Europe.
Points forts :
- Positionnement dominant sur la motorisation aéronautique mondiale
- Forte génération de cash flow
- Backlog civil et militaire très élevé
- Dividende attractif
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BAE Systems — Le géant britannique
Cours approximatif : 13-14 GBP (début 2026)
Pour les investisseurs souhaitant diversifier hors de France, BAE Systems est la référence européenne. L'entreprise britannique produit des frégates, des sous-marins, des chars, des avions (F-35, Eurofighter Typhoon) et des systèmes électroniques de défense.
En février 2026, BAE Systems a publié des résultats annuels records avec un carnet de commandes dépassant 74 milliards de livres sterling, en hausse de 15 % sur un an. L'action gagnait +4 % en réaction.
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Comment investir dans le secteur défense ?
Option 1 : Acheter des actions en direct
L'achat en direct de titres comme Thales, Dassault ou Safran est possible via un PEA (pour les valeurs européennes) ou un compte-titres ordinaire.
Avantage : vous choisissez précisément les entreprises que vous estimez les plus solides. Inconvénient : risque de concentration élevé. Une mauvaise nouvelle sur un contrat ou une enquête réglementaire peut faire chuter un titre de 10 à 20 % rapidement.
Option 2 : Investir via un ETF défense
Pour diversifier le risque sur l'ensemble du secteur, plusieurs ETF thématiques permettent d'investir dans un panier de valeurs de défense mondiales :
- iShares MSCI World Aerospace & Defense ETF (IUAI) — disponible sur Euronext Paris
- Invesco Aerospace & Defense ETF (PPA) — coté aux États-Unis
- VanEck Defense ETF (DFEN)
Ces ETF incluent à la fois des acteurs européens (Thales, BAE Systems, Rheinmetall, Leonardo) et américains (Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon).
Avantage : diversification immédiate sur tout le secteur. Inconvénient : ces ETF ne sont généralement pas éligibles au PEA. Il faudra passer par un compte-titres ordinaire, avec la fiscalité qui en découle (flat tax à 31,4 % depuis 2026).
Option 3 : Les valeurs américaines de défense
Les États-Unis dominent le secteur de la défense mondial. Leurs industriels sont de loin les plus importants par leur capitalisation et leurs contrats :
- Lockheed Martin : avions F-35, missiles, espace
- Northrop Grumman : bombardiers B-21, systèmes spatiaux
- Raytheon Technologies : missiles, drones, radars
- General Dynamics : sous-marins, véhicules blindés
Ces valeurs sont uniquement accessibles via un compte-titres ordinaire (non éligibles PEA). Elles versent généralement des dividendes réguliers et pratiquent des rachats d'actions importants.
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À quel prix entrer sur les valeurs défense ?
C'est la question clé après la forte hausse de 2025-2026. Certains titres ont déjà doublé en deux ans. Faut-il encore acheter ?
Un secteur structurellement en croissance
Contrairement aux cycles industriels classiques, la demande en défense ne va pas s'effondrer au prochain retournement économique. Les budgets militaires sont engagés sur des décennies. Les carnets de commandes visibles donnent une bonne visibilité sur les revenus futurs.
Des valorisations à surveiller
Après la hausse des cours, les ratios PER (Price Earnings Ratio) se sont tendus sur certaines valeurs :
- Thales : PER d'environ 25-28x les bénéfices attendus
- Dassault : plus difficile à évaluer du fait de sa structure, mais prime de qualité élevée
- Safran : PER autour de 30x, intégrant la forte croissance attendue
Ces niveaux ne sont pas excessifs dans un contexte de visibilité des revenus pluriannuels, mais ils laissent peu de marge pour des déceptions. Une stratégie d'entrée progressive (DCA) est recommandée plutôt qu'un achat massif en une seule fois.
Un horizon long terme conseillé
Le réarmement européen est un phénomène structurel qui se déploiera sur 10 à 20 ans minimum. Un investisseur patient peut profiter de cette tendance en conservant ses positions sur la durée, en acceptant les inévitables phases de consolidation.
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Les risques à ne pas négliger
Risque éthique : certains investisseurs choisissent d'exclure les valeurs de défense pour des raisons éthiques. Les fonds ISR (Investissement Socialement Responsable) et ESG excluent généralement ce secteur. C'est une décision personnelle à prendre en amont.
Risque politique : un changement de priorités politiques (accord de paix, pression pour réduire les dépenses militaires) pourrait freiner la croissance des commandes.
Risque de valorisation : après deux années de forte hausse, une déception sur les résultats ou les commandes pourrait provoquer une correction significative.
Risque de change : les contrats internationaux sont souvent libellés en dollars. Une appréciation de l'euro pèse sur les marges des exportateurs européens.
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Ce qu'il faut retenir
Le secteur défense offre une exposition à un thème d'investissement structurel : le réarmement européen est engagé pour des décennies, les carnets de commandes sont pleins, et les perspectives de revenus sont solides. Des acteurs comme Thales, Dassault Aviation ou BAE Systems sont des entreprises solides, avec des positions concurrentielles difficiles à dupliquer.
Mais comme tout secteur ayant connu une forte hausse, il convient d'y entrer progressivement, avec un horizon long terme, et en gardant en tête les risques éthiques et politiques propres à cette industrie.
Pour un investisseur souhaitant s'exposer au secteur sans se concentrer sur un seul titre, un ETF défense reste la solution la plus simple et la plus diversifiée.
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Pour aller plus loin : Comment analyser une action soi-même, Le ratio PER expliqué simplement, Investir dans le CAC 40 en 2026